Violences sexuelles : ce que l'actualité réveille chez les victimes, les parents et dans le collectif
- Elisa Erin thérapie coaching

- il y a 9 heures
- 20 min de lecture
1 enfant est victime de violences sexuelles toutes les 3 minutes.
Lorsque j'ai redécouvert ce chiffre récemment, j'ai ressenti un véritable choc.
Et j'ai vu. ces dernières semaines en accompagnement que vous aussi, ces dernières semaines, certaines affaires vous avaient bouleversé(e), révolté(e), profondément attristé(e) ou laissé un malaise difficile à expliquer.
Peut-être avez-vous ressenti de la colère.
Peut-être de l'impuissance.
Peut-être de la peur pour vos enfants.
Ou peut-être que certaines histoires ont réveillé quelque chose de beaucoup plus personnel.
Depuis plusieurs mois, les révélations se succèdent. Des petites filles, des petits garçons, des adolescentes, des adolescents, mais aussi des femmes et des hommes adultes trouvent enfin la force de raconter ce qu'elles/ ils ont vécu.
Parfois après dix, vingt ou trente ans de silence.

Depuis le début de mon activité, j'accompagne régulièrement des personnes ayant vécu des violences sexuelles, des agressions sexuelles, de l'inceste, des situations d'emprise ou d'autres traumatismes profonds. Et ce qui me frappe depuis des années, c'est que les conséquences ne s'arrêtent pas lorsque les faits prennent fin.
Une agression sexuelle ne touche pas uniquement le corps. Elle peut profondément impacter la confiance en soi, le sentiment de sécurité, les relations amoureuses, la sexualité, le sommeil, la parentalité et parfois même l'image que l'on a de soi.
Certaines personnes portent ces blessures pendant des années.
Parfois pendant des décennies.
Et c'est aussi pour cela que les affaires qui occupent aujourd'hui l'actualité provoquent autant d'émotions. Parce qu'elles ne parlent pas seulement des victimes dont les médias parlent aujourd'hui. Elles nous rappellent aussi toutes celles dont personne n'a parlé. Celles qui n'ont jamais été entendues. Celles qui n'ont jamais été crues. Celles qui ont gardé le silence pour survivre.
Si vous avez vécu des violences sexuelles, il est possible que certaines actualités réactivent des souvenirs, des émotions ou des blessures anciennes. Si vous êtes parent, elles peuvent réveiller des peurs pour vos enfants ou vos petits-enfants. Et même lorsque nous n'avons jamais vécu personnellement ce type de violence, ces affaires viennent souvent toucher quelque chose de profondément humain : notre besoin de justice, notre besoin de protection, notre besoin de sécurité et notre besoin de croire que les plus vulnérables seront entendus.
Au fil de mes accompagnements, j'ai également constaté quelque chose d'autre. Très souvent, derrière les violences sexuelles se cache une blessure encore plus universelle : la blessure de ne pas avoir été protégé(e), de ne pas avoir été entendu(e), de ne pas avoir été cru(e) et parfois la blessure d'injustice.
Et je crois que c'est aussi cela qui touche autant notre société aujourd'hui.
Violences sexuelles : des chiffres qui donnent le vertige, et si on sortait enfin du déni ?
Lorsque l'on accompagne des personnes depuis plusieurs années comme je le fais, les statistiques cessent d'être abstraites.
Elles prennent un visage. Une histoire. Une souffrance.
160 000 enfants victimes chaque année
En France, environ 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Cela représente :
environ 438 enfants par jour ;
18 enfants par heure ;
1 enfant toutes les 3 à 4 minutes.
Oui, 1 enfant toutes les 3 à 4 minutes...
Plus de 5 millions d'adultes concernés
À l'âge adulte, 5,4 millions de personnes déclarent avoir subi des violences sexuelles avant leurs 18 ans.
Des victimes majoritairement féminines
Parmi les personnes ayant subi des violences sexuelles durant l'enfance :
80 % seraient des femmes ;
20 % seraient des hommes.
Un silence massif
Dans plus de 90 % des situations, les enfants ne sont pas immédiatement protégés ou entendus comme ils devraient l'être.
De nombreuses victimes ne parleront que plusieurs années après les faits, parfois à l'âge adulte.
Des adultes révèlent parfois des agressions subies dans leur couple, dans leur entourage ou dans leur environnement professionnel plusieurs années après les faits.
Pourtant, malgré l'ampleur du phénomène, de nombreuses victimes ne parlent jamais.
D'autres attendent parfois des années, voire des décennies.
Les violences sexuelles dans le couple
Certaines violences sont commises par un conjoint, un compagnon, une compagne ou un ex-partenaire.
Parce qu'elles se produisent au sein d'une relation censée être sécurisante, elles sont parfois particulièrement difficiles à identifier, à dénoncer ou même à comprendre pour les victimes elles-mêmes.
Je constate régulièrement que certaines personnes mettent des années avant de mettre des mots sur ce qu'elles ont vécu.
Les violences sexuelles commises par des proches
Contrairement à une idée reçue, les agressions sexuelles sont très souvent commises par une personne connue de la victime : membre de la famille, ami, voisin, collègue, conjoint, professionnel de santé, éducateur ou personne de confiance.
C'est aussi ce qui explique en partie pourquoi tant de victimes gardent le silence pendant de nombreuses années.
Les violences sexuelles au travail
Les violences sexuelles peuvent également avoir lieu dans le cadre professionnel : harcèlement sexuel, agressions sexuelles, abus de pouvoir ou situations d'emprise.
Certaines victimes craignent de perdre leur emploi, leur réputation ou leur stabilité financière si elles parlent.
Les hommes victimes : une réalité encore trop invisible
Lorsque l'on parle de violences sexuelles, on pense souvent aux femmes.
Pourtant, les hommes sont eux aussi concernés.
Je constate régulièrement que beaucoup d'entre eux rencontrent encore davantage de difficultés à parler de ce qu'ils ont vécu, notamment à cause de la honte, des stéréotypes ou de la peur du regard des autres.
Leur souffrance existe pourtant tout autant.
Sources : Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE), Santé publique France, INSEE, Enquête Virage (INED), Ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes.
Exemple d'accompagnement violences sexuelles
J'ai accompagné une femme qui venait initialement consulter pour des crises d'angoisse et un profond manque de confiance en elle. Pendant longtemps, elle pensait simplement être « trop sensible ». Au fil de notre accompagnement, elle a réalisé qu'une partie de sa souffrance prenait racine dans des événements qu'elle avait tenté d'oublier pendant des années mais qui bouillonnaient à l'intérieur. Ce qu'elle considérait comme une fragilité était en réalité une blessure qui n'avait jamais réellement été entendue. Elle a pu s'apaiser et retrouver plus de sérénité face à son vécu.
Pourquoi ces chiffres provoquent-ils autant d'émotions ?
Parce qu'ils nous obligent à regarder une réalité que beaucoup préféreraient croire exceptionnelle.
Les violences sexuelles concernent toutes les catégories sociales, tous les milieux, toutes les générations. Elles touchent des petites filles, des petits garçons, des adolescentes, des adolescents, mais aussi des femmes et des hommes adultes.
Je crois également que ces chiffres nous confrontent à une réalité difficile : il ne s'agit pas de quelques situations isolées. Lorsque l'on découvre qu'un enfant est victime toutes les trois minutes, il devient difficile de continuer à penser que cela n'arrive qu'aux autres.
Derrière les chiffres, des vies profondément impactées
Lorsque l'on parle de statistiques, on risque parfois d'oublier l'essentiel.
Derrière chaque chiffre se trouve une personne.
Une personne qui dort mal.
Une personne qui vit dans l'hypervigilance.
Une personne qui a du mal à faire confiance.
Une personne qui continue parfois à porter seule certaines blessures depuis des années.
Et c'est probablement ce qui nous bouleverse autant aujourd'hui.
💫 Derrière certaines émotions que vous ressentez en lisant cet article se cache peut-être une histoire, une blessure ou un besoin qui mérite d'être entendu.
Pourquoi ces affaires provoquent-elles autant de colère aujourd'hui ?
Je crois que ce qui révolte profondément de nombreuses personnes aujourd'hui n'est pas uniquement l'existence des violences sexuelles.
Car malheureusement, ces violences ont toujours existé.
Ce qui bouleverse également, c'est le sentiment que certaines victimes ont parfois dû attendre des années, voire des décennies, avant d'être entendues.
Que certaines alertes n'ont pas été prises au sérieux.
Que certaines souffrances sont restées invisibles.
Et que certaines personnes ont porté seules le poids de ce qu'elles avaient vécu pendant très longtemps.
Au fil de mes accompagnements, j'ai souvent constaté que la souffrance ne vient pas uniquement de l'agression elle-même.
Elle vient aussi de ce qui n'a pas eu lieu.
Ne pas avoir été protégé(e).
Ne pas avoir été entendu(e).
Ne pas avoir été cru(e).
Comme si une seconde blessure venait parfois s'ajouter à la première.
Une blessure d'injustice.
Une blessure de trahison.
Une blessure d'abandon.
Pourquoi le sentiment d'injustice est-il si fort ?
Je crois que nous avons tous besoin de savoir que les enfants (et les adultes victimes) seront protégés.
Que les victimes seront entendues.
Que la vérité finira par être reconnue.
Lorsque ces croyances sont ébranlées, cela provoque souvent une immense colère.
Car au-delà des faits eux-mêmes, beaucoup de personnes ont le sentiment que quelque chose de fondamental a été rompu : la confiance dans notre capacité collective à protéger les plus vulnérables.
Et cette émotion ne touche pas uniquement les victimes.
Elle touche aussi les parents.
Les grands-parents.
Les proches.
Et parfois même des personnes qui n'ont jamais été directement confrontées à ce type de violence.
Pourquoi le sentiment d'impunité provoque-t-il autant de colère ?
Je crois qu'une autre raison explique l'intensité des réactions actuelles.
Ce n'est pas seulement l'existence des agressions sexuelles qui bouleverse.
C'est parfois aussi le sentiment que certaines victimes doivent se battre pendant des années pour être entendues.
Que certaines procédures durent extrêmement longtemps.
Que certaines affaires sont classées sans suite malgré une souffrance bien réelle.
Que certaines victimes ont parfois l'impression de devoir prouver encore et encore ce qu'elles ont vécu. Que des victimes "supplémentaires" auraient pu être évités si une justice avait été plus rapide.
Et que certaines personnes accusées continuent parfois à exercer leur métier, à bénéficier d'une visibilité publique ou à poursuivre leur vie comme si rien ne s'était passé tant qu'aucune décision de justice définitive n'est intervenue.
Bien sûr, la justice doit respecter des principes essentiels comme la présomption d'innocence et s'appuyer sur des éléments de preuve.
Mais sur le plan émotionnel, beaucoup de personnes vivent difficilement le décalage entre le temps judiciaire et le temps humain.
Car pendant que certaines procédures avancent parfois lentement, les victimes continuent souvent à vivre avec leurs souvenirs, leurs peurs, leurs émotions et les conséquences de ce qu'elles ont vécu.
Je crois que c'est aussi cela qui nourrit aujourd'hui une partie de la colère collective.
Au-delà des affaires elles-mêmes, beaucoup de personnes expriment un besoin profond de justice, de reconnaissance, de protection et de réparation.
Pourquoi certaines personnes sont-elles bouleversées même sans avoir été victimes ?
Parce que ces affaires viennent toucher quelque chose de profondément humain : notre besoin de justice, notre besoin de sécurité et notre besoin de croire que les plus vulnérables seront protégés.
Exemple d'accompagnement peur d'agression sexuelle
J'ai accompagné une femme qui n'avait jamais subi d'agression sexuelle. Pourtant, certaines affaires médiatisées la bouleversaient profondément. Au fil de notre accompagnement, elle a compris qu'elles réveillaient une blessure beaucoup plus ancienne : celle de ne jamais s'être sentie entendue lorsqu'elle souffrait.
Je constate souvent que nos réactions actuelles ne parlent pas uniquement du présent. Elles parlent parfois aussi de notre histoire.
D'ailleurs, si le thème de l'injustice résonne particulièrement en vous, j'ai consacré un article complet à cette blessure que je retrouve très souvent dans mes accompagnements : La blessure d'injustice : signes, conséquences et pistes pour la dépasser.
💫 Derrière certaines colères se cache parfois une partie de nous qui demande simplement à être entendue, reconnue et apaisée.
Pourquoi certaines victimes parlent-elles 10, 20 ou 30 ans plus tard ou n'en parlent pas ?
C'est probablement l'une des questions que j'entends le plus souvent : « Pourquoi je n'ai pas réussi à parler avant ? »
Lorsque l'on n'a jamais vécu de violences sexuelles ou de traumatisme sexuel, cette question peut sembler étrange. Pourtant, la réalité est souvent beaucoup plus complexe.
La sidération, la honte et la peur
Face à un danger extrême, certaines victimes entrent dans un état de sidération. Le corps est présent, l'esprit aussi, mais la capacité à réagir disparaît temporairement. À cela s'ajoutent souvent la honte, la culpabilité, la peur de ne pas être cru(e), la peur du jugement ou encore la peur de détruire sa famille.
Beaucoup de victimes finissent même par douter de leur propre vécu.
Comme si elles avaient besoin d'une autorisation pour reconnaître leur souffrance.
Qu'est-ce que la mémoire traumatique ?
La mémoire traumatique est un mécanisme qui permet au cerveau de survivre lorsqu'un événement est trop difficile à intégrer. Certains souvenirs peuvent rester enfouis pendant des années puis réapparaître à l'occasion d'une actualité, d'une relation ou d'une situation particulière.
Exemple d'accompagnement mémoire traumatique
J'ai accompagné une femme qui rêvait en boucle d'elle enfant et d'une armoire où elle courait pour essayer de s'enfermer.
Elle a commencé à mettre des mots sur certaines violences plus de trente ans après les faits. Elle avait refoulé ses souvenirs pendant des années et suite à un choc émotionnel, ils ont commencé à refaire surface. En réalité, une partie d'elle attendait encore d'être entendue. Nous avons travailler à apaiser accueillir ces mémoires et libérer toutes les émotions bloquées en elle depuis si longtemps.
Je crois qu'il est essentiel de comprendre que le silence n'est pas forcément une preuve que les faits n'ont pas existé.
Il est souvent le signe de la profondeur du traumatisme.
💫 Si certaines émotions remontent aujourd'hui à la surface, cela ne signifie pas que vous régressez. Cela signifie parfois qu'une partie de vous est enfin prête à être écoutée.
Quelles peuvent être les conséquences psychologiques des violences sexuelles ?

Chaque personne réagit différemment à un traumatisme sexuel. Certaines conséquences apparaissent rapidement. D'autres émergent plusieurs années plus tard.
Anxiété, hypervigilance et troubles du sommeil
L'une des conséquences que je rencontre le plus souvent est l'hypervigilance. Comme si le système nerveux restait bloqué dans l'attente permanente d'un danger. Certaines personnes ont du mal à se détendre, anticipent constamment le pire ou souffrent de troubles du sommeil persistants.
Difficulté à faire confiance
Lorsque la violence a été commise par une personne proche, la confiance peut être profondément impactée. Je rencontre régulièrement des personnes qui me disent avoir toujours peur d'être déçues, abandonnées ou trahies.
Estime de soi, relations amoureuses et sexualité
Les agressions sexuelles peuvent également fragiliser l'estime de soi, la confiance en soi et la capacité à vivre des relations sereines. Certaines personnes ont du mal à poser leurs limites. D'autres attirent régulièrement des relations douloureuses. D'autres encore ont le sentiment de ne jamais être complètement en sécurité.
Exemple d'accompagnement conséquences violences sexuelles
J'ai accompagné un homme qui vivait dans un état d'alerte permanent Au fil de notre travail, il a réalisé que son besoin constant de contrôle était devenu une stratégie de protection développée depuis de nombreuses années suite à une agression sexuelle. Il a pu sortir de cet éta d'hypervigilence au fur et à mesure de l'accompagnement et réapprendre à faire confiance.
La bonne nouvelle est que ces conséquences ne sont pas une fatalité.
Je constate régulièrement que lorsque les blessures sont reconnues, comprises et accompagnées, de nombreuses choses peuvent évoluer.
💫 Vous n'êtes pas ce que vous avez vécu. Vous êtes bien plus vaste que votre histoire.
Pourquoi les parents ou les personnes qui souhaitent devenir parents sont-ils autant bouleversés par ces affaires ?
Depuis plusieurs mois, je remarque que beaucoup de personnes profondément touchées par ces affaires ne sont pas forcément des victimes de violences sexuelles.
Ce sont parfois des parents.
Parfois des futurs parents.
Parfois des grands-parents.
Parfois simplement des adultes qui se projettent dans ce qu'a pu vivre un enfant.
Je crois que lorsque nous aimons un enfant, quelque chose change profondément. Nous ne regardons plus seulement une information. Nous imaginons notre propre enfant à la place de l'enfant dont il est question.
Et cette simple projection peut être bouleversante.
Quand la peur pour ses enfants devient envahissante
Certaines personnes deviennent beaucoup plus vigilantes. Elles remettent en question certaines structures, certaines activités ou certaines personnes auxquelles elles faisaient confiance auparavant. D'autres développent une peur permanente qu'il arrive quelque chose à leur enfant.
Exemple d'accompagnement traumatisme affaire de violences sexuelles
J'ai accompagné une mère qui ne dormait presque plus depuis plusieurs semaines. Chaque nouvelle affaire réveillait chez elle une peur immense pour ses enfants. Elle vérifiait constamment que tout allait bien. Elle imaginait le pire. Elle se sentait épuisée.
Au fil de notre accompagnement, elle a compris que derrière cette peur se cachait aussi son immense besoin de protéger. Peu à peu, elle a retrouvé davantage de calme et appris à distinguer la vigilance utile de l'inquiétude permanente.
Je crois qu'il est important de trouver un équilibre.
Oui, il est essentiel de protéger les enfants.
Oui, il est important d'être attentif.
Mais vivre dans une peur permanente n'aide ni les parents ni les enfants.
Les enfants ont besoin de protection.
Mais ils ont aussi besoin de parents suffisamment apaisés pour leur transmettre confiance, stabilité et sécurité.
💫 Prendre soin de vos propres peurs est aussi une manière de prendre soin de vos enfants.
Comment protéger nos enfants et favoriser leur parole ?
C'est probablement l'une des questions les plus importantes aujourd'hui.
Comment protéger nos enfants ?
Comment les aider à parler ?
Comment savoir si quelque chose ne va pas ?
Les enfants victimes d'agressions sexuelles n'ont pas toujours les mots pour raconter ce qu'ils ont vécu. Certains ont peur. Certains ont honte. Certains ne comprennent même pas réellement ce qui leur est arrivé. D'autres craignent les conséquences s'ils parlent.
Quels signes peuvent parfois alerter ?
Il n'existe pas de signe unique permettant d'affirmer qu'un enfant subit des violences.
En revanche, certains changements soudains méritent parfois d'être observés avec attention : troubles du sommeil, anxiété importante, peurs inhabituelles, isolement, repli sur soi, agressivité soudaine, difficultés scolaires, régression de certains comportements ou refus d'être en présence d'une personne en particulier.
Bien entendu, ces signes peuvent avoir de nombreuses autres explications.
Mais ils méritent parfois que l'on s'intéresse à ce que vit l'enfant.
Comment favoriser la parole d'un enfant ?
Je crois que l'une des plus belles protections que nous puissions offrir à un enfant est de lui montrer qu'il peut parler.
Qu'il sera écouté.
Qu'il sera pris au sérieux.
Qu'il ne sera pas jugé.
Qu'il ne sera pas puni parce qu'il dit la vérité.
Au fil de mes accompagnements, j'ai constaté que de nombreux enfants parlent davantage lorsqu'ils se sentent en sécurité émotionnelle que lorsqu'ils se sentent interrogés.
Que faire si un enfant se confie ?
L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à vouloir immédiatement obtenir tous les détails.
Pourtant, l'enfant a souvent besoin avant tout d'être accueilli.
Écouté.
Rassuré.
Protégé.
Si un enfant se confie, il est généralement préférable d'écouter avec calme, d'éviter les questions suggestives et de prendre ses paroles au sérieux.
Exemple d'accompagnement d'un enfant victime de violences sexuelles
J'ai accompagné un jeune garçon qui présentait depuis plusieurs mois une forte anxiété depuis un séjour en colonie de vacances. Au fil de son accompagnement, il a progressivement commencé à exprimer certaines vécus qu'il gardait pour lui depuis longtemps. Ce qui a permis cette évolution n'était pas la pression pour parler. C'était le sentiment d'être enfin en sécurité. Il a recommencé à mieux dormir.
💫 Les enfants n'ont pas toujours besoin de plus de questions. Ils ont souvent besoin de davantage de sécurité pour pouvoir parler.
Les violences sexuelles, l'inceste et les secrets de famille : une réalité plus proche qu'on ne l'imagine
Au fil de mes accompagnements, j'ai progressivement réalisé quelque chose de profondément bouleversant : les violences sexuelles, l'inceste et certaines formes d'abus sont beaucoup plus répandus que ce que nous aimerions croire.
Lorsque l'on commence à écouter les histoires familiales, les non-dits, les secrets et les blessures qui n'ont jamais pu être exprimées, on découvre souvent que ces réalités sont beaucoup plus proches de nous que nous le pensions.
Je ne dis pas que toutes les familles ont connu l'inceste ou des agressions sexuelles identifiées.
En revanche, je constate régulièrement que de nombreuses familles portent des histoires de violences, d'abus, de domination ou de souffrances qui n'ont jamais pu être racontées.
Pendant des générations, de nombreuses victimes n'ont jamais parlé.
Certaines parce qu'elles avaient peur.
Certaines parce qu'elles avaient honte.
Certaines parce qu'elles savaient qu'elles ne seraient pas crues.
Certaines parce qu'elles dépendaient de leur agresseur.
Exemple d'accompagnement conséquences de mémoires familiales de violences sexuelles
J'ai accompagné une femme qui venait initialement pour une profonde panique qu'elle était seule en présence d'hommes. Au fil de notre accompagnement, certaines histoires familiales ont commencé à émerger. Elle a découvert que plusieurs femmes de sa famille avaient vécu des violences dont personne ne parlait jamais. Ce qui l'a le plus bouleversée n'était pas seulement l'existence de ces événements.
C'était le silence qui les entourait. Après un travail de libération, elle a pu reprendre confiance en elle et apprendre à faire confiance, à ne plus être constamment en état d'hypervigilence.
Les violences sexuelles dans l'enfance et l'inceste mériteraient à eux seuls un article complet. D'ailleurs, j'avais déjà consacré un article entier à ce sujet dès 2021, bien avant que certaines affaires ne remettent ces questions au centre de l'actualité.
💫 Derrière certaines souffrances individuelles se cachent parfois des années de silence, de non-dits et de blessures jamais reconnues.
Comment se reconstruire après des violences sexuelles ?
C'est probablement la question la plus importante.
Parce qu'après les chiffres, après la colère, après les révélations et après la compréhension du traumatisme, une autre question finit souvent par émerger :
Est-il possible d'aller mieux ?
Est-il possible de se reconstruire ?
Est-il possible de retrouver une forme de paix après ce que l'on a vécu ?
Après plusieurs années d'accompagnement, ma réponse est oui.
Cela ne signifie pas oublier.
Cela ne signifie pas minimiser ce qui s'est passé.
Cela ne signifie pas faire comme si rien n'avait existé.
Mais je constate régulièrement qu'il est possible de retrouver davantage de sécurité intérieure, de liberté et d'apaisement.
Retrouver un sentiment de sécurité
L'une des premières conséquences des violences sexuelles est souvent la perte du sentiment de sécurité. Certaines personnes vivent comme si leur système nerveux restait bloqué dans l'attente d'un danger. Elles surveillent, anticipent, se méfient ou restent constamment sur leurs gardes.
Je constate souvent que la reconstruction commence précisément ici : aider le corps et le système nerveux à comprendre que le danger appartient désormais au passé.
Sortir de la honte et de la culpabilité
La honte est probablement l'une des émotions les plus destructrices que je rencontre dans mon cabinet.
Beaucoup de victimes ont porté pendant des années une culpabilité qui ne leur appartenait pas.
Certaines se reprochent encore de ne pas avoir réagi.
D'autres de ne pas avoir parlé plus tôt.
D'autres encore d'avoir continué à fréquenter certaines personnes après les faits.
Pourtant, je crois qu'il est essentiel de rappeler une chose :
La responsabilité appartient toujours à l'agresseur.
Toujours.
Retrouver confiance en soi et dans les autres
Les agressions sexuelles peuvent profondément fragiliser l'estime de soi, la confiance en soi et parfois même la confiance dans les autres.
Certaines personnes finissent par douter de leurs ressentis.
De leurs intuitions.
De leurs limites.
De leur valeur.
Exemple d'accompagnement de reconstruction après des violences sexuelles
J'ai accompagné une femme qui me disait lors de notre première séance : "Je crois que je serai toujours définie par ce que j'ai vécu."
Au fil de son accompagnement, quelque chose a progressivement changé.
Non pas parce que son histoire avait disparu. Mais parce qu'elle avait cessé d'être toute son identité.
Elle a recommencé à prendre sa place. À écouter ses besoins.
À faire davantage confiance à ses ressentis. Et c'est souvent cela que j'observe : le traumatisme cesse progressivement d'occuper toute la place.
Il n'est jamais trop tard
L'une des choses qui me frappent le plus est que certaines personnes viennent consulter dix, vingt, trente ou quarante ans après les faits.
Parfois elles pensent qu'il est trop tard.
Parfois elles pensent qu'elles devraient déjà avoir tourné la page.
Pourtant, je constate régulièrement que le psychisme possède une formidable capacité d'évolution, même plusieurs décennies après un traumatisme.
Il n'existe pas d'âge limite pour commencer à prendre soin de soi.
💫 Vous n'êtes pas responsable de ce que vous avez subi. Mais vous avez le droit de ne plus porter seul(e) les conséquences de cette histoire.
Comment être accompagné(e) après des violences sexuelles, un traumatisme ou un sentiment d'injustice ?
Si vous êtes arrivé(e) jusqu'ici, peut-être que cet article a réveillé certaines émotions. Peut-être vous êtes-vous reconnu(e) dans certaines situations. Peut-être avez-vous repensé à votre propre histoire, à celle d'un proche ou à certaines blessures que vous portez encore aujourd'hui.
Au fil de mes accompagnements, j'ai constaté que les conséquences des violences sexuelles, de l'inceste, des agressions sexuelles ou du sentiment de ne pas avoir été protégé(e) peuvent prendre des formes très différentes : anxiété, hypervigilance, troubles du sommeil, difficulté à faire confiance, peur de l'abandon, difficultés relationnelles, perte de confiance en soi, colère, honte ou profond sentiment d'injustice.
Heureusement, il existe aujourd'hui différentes approches pour vous aider à avancer.
🌍 Partout dans le monde (👩💻 en visio ou par téléphone 📞)
🛋️ Ou en présentiel dans mon cabinet à Paris


🎯 Soins énergétiques et violences sexuelles
→ Je travaille sur vos énergies pour apaiser les tensions, libérer les blocages, vous aider à vous reconnecter avec vos potentiels et rétablir votre équilibre intérieur.

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Travailler sur certaines conséquences du traumatisme et de la mémoire traumatique.
Apaiser certaines peurs envahissantes.
Retrouver davantage de sécurité intérieure.
Libérer certaines tensions émotionnelles accumulées depuis longtemps.
🎯 Hypnose thérapeutique et spirituelle et violences sexuelles
→ Nous travaillons par la parole sur la libération de vos blocages et la reconnexion à vos potentiels, avec ma méthode vous gardez le contrôle et restez parfaitement conscient(e).

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Travailler sur certaines conséquences du traumatisme et de la mémoire traumatique.
Retrouver davantage de confiance en soi.
Sortir progressivement de certains schémas de peur ou d'hypervigilance.
🎯 Soins de l'âme et violences sexuelles
→ Nous travaillons d'âme à âme pour libérer les mémoires profondes et retrouver paix et clarté.

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Travailler sur certaines mémoires anciennes.
Retrouver davantage de paix intérieure.
Se libérer de certains poids émotionnels persistants.
🎯 Séances de coaching et violences sexuelles
→ Il s'agit d'échanges actifs et bienveillants pour comprendre, clarifier, réorienter.

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Comprendre certains mécanismes émotionnels.
Retrouver davantage de clarté.
Reprendre confiance dans vos choix et dans votre avenir.
🎯 Guidances et violences sexuelles
→ Les guidances permettent d'éclairer sur votre situation actuelle, vos émotions, vos freins, vos opportunités et vos choix. (Attention: je ne réponds pas aux questions pour savoir qui était votre agresseur.)

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Apporter de la compréhension.
Retrouver du sens.
Avancer avec davantage de confiance.
🎯 Drainages lymphatiques & énergétiques et violences sexuelles (uniquement au cabinet à Paris – réservés aux femmes)
→ Les drainages lymphatiques & énergétiques sont des massages holistiques du corps qui permettent de relâcher de nombreuses tensions physiques et émotionnelles accumulées. Après des violences sexuelles, certaines personnes vivent comme si leur corps restait constamment en état d'alerte. D'autres se sentent déconnectées de leurs sensations, de leurs émotions ou de leur féminité. Ces massages offrent un espace sécurisant pour ralentir, respirer et retrouver progressivement davantage de détente, de présence à soi et de confiance dans son corps.

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Apaiser certaines manifestations de l'hypervigilance, du stress chronique et de l'anxiété.
Retrouver progressivement un rapport plus serein, plus doux et plus sécurisant à son corps.
Relâcher certaines tensions physiques et émotionnelles accumulées parfois depuis de nombreuses années.
🎯 Massages Kobido & énergétiques et violences sexuelles (uniquement au cabinet à Paris)
→ Les Massages Kobido & énergétiques associent relaxation profonde, travail énergétique et reconnexion à soi. De nombreuses personnes ayant vécu des violences sexuelles vivent avec une forte charge mentale, des ruminations, une vigilance permanente ou une difficulté à retrouver de la douceur envers elles-mêmes. Ces massages permettent de s'offrir un moment de sécurité, d'apaisement et de reconnexion à son image avec bienveillance.

Ces accompagnements peuvent notamment aider à :
Apaiser le stress, les ruminations et certaines manifestations de l'anxiété.
Retrouver un sentiment de calme, de sécurité et de présence à soi.
Se réconcilier progressivement avec son image, son visage et son bien-être émotionnel.
💫 Pour certaines personnes, la reconstruction passe principalement par la parole. Pour d'autres, elle passe aussi par la possibilité de réapprendre à se sentir en sécurité dans leur corps. Les deux approches peuvent être complémentaires.
Chaque accompagnement aide de manière différente.
Il n'y a donc pas de mauvais choix mais simplement des préférences.
Il n'y a pas une méthode meilleure qu'une autre, sinon vous vous doutez bien que je n'en proposerais qu'une.
Si vous hésitez, choisissez de commencer avec un soin énergétique. C'est généralement l'approche la plus polyvalente pour commencer à travailler sur les conséquences émotionnelles, énergétiques et parfois physiques liées à ce type d'expérience.
💫 Quelle que soit la méthode choisie, l'objectif reste le même : vous aider à retrouver davantage de sécurité intérieure, de liberté et de sérénité dans votre vie.
FAQ – Violences sexuelles, mémoire traumatique et reconstruction
Pourquoi certaines affaires me bouleversent-elles autant alors que je n'ai jamais été victime de violences sexuelles ?
Parce que ces affaires ne réveillent pas uniquement des traumatismes liés aux violences sexuelles. Elles peuvent également toucher des blessures d'injustice, d'abandon, de trahison, de manque de protection ou de manque de reconnaissance. Elles viennent aussi toucher notre besoin profondément humain de justice, de sécurité et de protection des plus vulnérables.
Pourquoi certaines victimes parlent-elles plusieurs années après les faits ?
Parce que le cerveau met parfois en place des mécanismes de survie extrêmement puissants : sidération, honte, culpabilité, peur des conséquences, peur de ne pas être cru(e) ou encore mémoire traumatique. Le silence n'est pas forcément une preuve que les faits n'ont pas existé. Il est souvent le signe de la profondeur du traumatisme.
Qu'est-ce que la mémoire traumatique ?
La mémoire traumatique est un mécanisme qui permet au cerveau de survivre à un événement trop difficile à intégrer. Certains souvenirs peuvent rester enfouis pendant des années puis se réactiver plus tard à travers une actualité, une relation, une odeur, une situation ou une émotion particulière.
Peut-on être traumatisé(e) 20 ou 30 ans après une agression sexuelle ?
Oui. Je rencontre régulièrement des personnes qui consultent plusieurs décennies après les faits. Ce n'est pas parce qu'un événement est ancien qu'il cesse automatiquement d'avoir un impact. Certaines blessures restent actives tant qu'elles n'ont pas été reconnues, comprises ou accompagnées.
Pourquoi ai-je l'impression de revivre certaines émotions aujourd'hui ?
Certaines actualités, certaines relations ou certains événements peuvent réactiver des blessures plus anciennes. Cela ne signifie pas que vous régressez. Cela signifie souvent qu'une partie de vous demande enfin à être entendue.
Comment aider un proche victime d'agression sexuelle ?
L'une des choses les plus importantes est d'écouter sans juger, sans minimiser et sans chercher immédiatement à trouver des solutions. Beaucoup de victimes ont avant tout besoin d'être entendues, crues et respectées dans leur rythme.
Comment retrouver un sentiment de sécurité ?
Retrouver un sentiment de sécurité est souvent l'une des premières étapes de la reconstruction. Cela peut passer par un accompagnement thérapeutique, un travail sur le système nerveux, les émotions, les limites personnelles, la confiance en soi et la confiance dans les autres.
Peut-on se reconstruire après des violences sexuelles ?
Oui. La reconstruction ne signifie pas oublier ou effacer le passé. Elle consiste souvent à retrouver davantage de liberté, de sécurité intérieure, de confiance en soi et de sérénité malgré ce qui a été vécu.
En conclusion
Si cet article a résonné en vous, peut-être que ce n'est pas un hasard.
Peut-être que certaines lignes ont mis des mots sur ce que vous ressentez depuis longtemps.
Peut-être qu'elles ont réveillé certaines questions.
Peut-être même certaines blessures.
Au fil de mes accompagnements, j'ai appris une chose essentielle : nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons transformer la manière dont il continue à vivre en nous aujourd'hui.
Que vous soyez directement concerné(e) par des violences sexuelles, que vous soyez parent, proche d'une victime ou simplement profondément bouleversé(e) par certaines affaires, vous n'êtes pas obligé(e) de porter cela seul(e).
Il existe des espaces où votre histoire peut être accueillie avec respect, douceur et sans jugement.
Il existe des chemins de reconstruction.
Il existe des chemins de compréhension.
Il existe des chemins d'apaisement.
Et il n'est jamais trop tard pour commencer à prendre soin de soi.
🌸 Vous méritez d'alléger ce fardeau et de retrouver davantage de sérénité intérieure.


