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Sauveur, victime ou persécuteur: qui êtes-vous dans le triangle des relations? Comment en sortir?

Dans toute relation, nous pouvons être amenés à jouer un ou plusieurs rôles. Et ce rôle peut être différent selon les personnes avec qui vous allez interagir. Les rôles les plus courants, notamment en situation de conflit, sont les rôles de sauveur, de victime et de persécuteur. Cela peut être dans une relation professionnelle (hiérarchique, collègue…) ou personnelle (couple, enfants, amis…). Il peuvent faire basculer la relation saine à une relation toxique.

Et c'est lors de conflits que notre rôle se révèle. Notre histoire personnelle et notre éducation viennent jouer un rôle déterminant dans la manière dont nous gérons les conflits.

Et vous, quel rôle adoptez-vous le plus souvent? Quelles en sont les conséquences? Avez-vous des conflits dans votre vie et avez-vous des difficultés à les résoudre? Il est possible d'évoluer.

Vous retrouvez-vous, sans forcément le comprendre ou savoir comment en sortir, dans un de ces rôles à répétition? Ce triangle des relations peut engendrer de la souffrance, de la douleur, de la colère. Il permet de démonter la manipulation psychologique dans une relation affective. Des solutions existent pour en sortir.


Qu’est-ce que le triangle de Karpman?

Le triangle de Karpman, ou aussi appelé triangle dramatique, est un jeu psychologique inconscient qui peut diriger certains de nos comportements dans nos relations avec les autres.

Ce jeu de manipulation psychologique a été théorisé en 1968 par le psychiatre Stephen Karpman.


Il correspond au scénario relationnel typique entre deux personnes (ou plus) qui jouent alternativement le rôle de victime, persécuteur et sauveur. Il fait référence aux rôles que les gens jouent inconsciemment ou tentent de faire jouer aux autres.

Ce triangle est composé de 3 rôles: la victime, le persécuteur et le sauveur. Ces rôles ne sont pas forcément fixes cependant les "participants" ont souvent un rôle de prédilection.


Il est donc aussi appelé tringle dramatique car chaque changement de rôle, retournement de situation peut être vécu comme un drame. Dans une relation avec un(e) pervers narcissique, il/elle va souvent passer de sauveur à persécuteur.

Cela sera à vous de travailler sur votre rôle de victime et une dépendance affective qui peut vous amener à vivre (ou à rester dans) une histoire avec une personne toxique. Car sans victime, pas de persécuteur.

Parfois, certains personnes peuvent passer d’un rôle à l’autre. Par exemple, une victime peut devenir un persécuteur ou se changer en sauveur.

Les 3 rôles permettent d’exprimer tour à tour de la violence, de l’impuissance ou du narcissisme.


La dynamique du triangle de Karpman: trois rôles complémentaires

Le triangle de Karpman s’articule donc autour de trois “rôles” : la victime, le bourreau - ou persécuteur et le sauveur. La plupart du temps, lorsque ces rôles sont pourvus par des personnes différentes, elles persévèrent dans ce semblant d’équilibre, car chacune en retire un intérêt personnel.

La victime:

  • s'apitoie, alimente son rôle de victime (parfois inconsciemment)

  • vit dans la négativité

  • cherche surtout un Sauveur et/ou un Persécuteur pour se conforter dans ce rôle

  • pour rester victime il ne faut pas trouver de solution

  • son sentiment dominant est la honte.

Elle cultive le flou pour ne pas trouver de solution.

La victime est « irresponsable de ses malheurs » et est malheureuse "à cause des autres" et elle se positionne "sous" les autres. Pour elle, les autres « doivent donc l’aider » à se sentir mieux.


La victime argumente souvent lors de discussions qu'elle ne sait comment agir ou ne peut pas agir. Elle utilisera des phrases comme:

  • « Mes problèmes sont plus grands que les vôtres.»

  • « Ce n'est pas de ma faute »

  • « Ca m'est encore tombé dessus »

  • « Si seulement je pouvais »

  • « oui mais... ».

Son but est d'avoir ce statut de victime qui lui permet de se complaire dans son malheur et d’éviter d’agir/d’avancer. Car en avançant, elle perdrait son statut de victime.


Le persécuteur ou bourreau:

  • impose ses choix et actions à la victime, ordonne, attise la rancœur

  • rabaisse autant qu’il attaque (parfois inconsciemment)

  • a souvent un passé de victime et peut justifier sa violence par son passé de victime

  • considère la victime comme inférieure

  • son sentiment dominant est la colère.

Il veut se venger d’une frustration, souvent liée à son passé. Sans victime, le persécuteur n'est rien. Le bourreau est donc en recherche perpétuelle d’une victime « à rendre malheureuse ». Il s’impose de manière très franche et agit en position haute, il pense dominer les autres parce qu’il peut faire des choix qui lui donnent l’impression d’avoir la main sur ses peurs.


Le persécuteur argumente souvent lors de discussions qu'elle sait comment agir ou qu'il faut agir comme lui le veut. Il utilisera des phrases comme:

  • « C’est moi qui fais tout le travail. »

  • « Si seulement les autres acceptaient. »

  • « Tu n’as qu’à deviner ce que je ressens ou ce que je veux te dire »

  • « Je suis le meilleur. »

  • « Je te tiens enfin ! ».

Le sauveur:

  • vole au secours de la victime en se positionnant au-dessus d'elle (parfois inconsciemment)

  • joue un rôle narcissique gratifiant parfois même sous des apparences d'humilité

  • sans pour autant vouloir qu’elle s’en sorte, sinon il perdrait son rôle

  • infantilise et aime rendre dépendant

  • apporte bien souvent une aide inefficace et crée la passivité par l’assistanat

  • Son sentiment dominant est la culpabilité.

Il est facilement reconnaissable car il est perpétuellement à la « recherche d’une victime à aider » même si celle-ci n’a rien demandé.

Le fait que le sauveur veuille sauver la victime va très bine lui convenir car il va par là reconnaitre son rôle de victime.

Cela va nourrir l’ego du sauveur, qui se pense indispensable. Il ne l’est pourtant pas puisqu'il n'arrivera jamais à la sauver. En effet, la victime ne veut pas qu'on la sauve mais qu'on reconnaisse son rôle de victime et elle restera perpétuellement à la recherche d’un sauveur.

Le sauveur argumente souvent lors de discussions qu'il veut aider, être utile. Il utilisera des phrases comme:

  • « Je ne me sens bien qu’en faisant du bien.»

  • « J’aimerais tellement te rendre heureux. »

  • « Appelle moi dès que ça ne va pas, ok? »

  • « Je suis occupé mais je vais t'aider»

  • « Je vais régler ça »

  • « J'ai fait ça pour toi »

Pour en savoir plus sur le syndrome du sauveur, je vous invite à lire mon article sur ce sujet ""Les syndromes de l'infirmière & du sauveur: prendre soin des autres en s'oubliant soi-même" en cliquant ici.


L'interconnexion des rôles de victime, de bourreau et de sauveur

Comme vous l'avez déjà compris avec les explications ci-dessus, ces 3 rôles dans ce triangle sont interconnectés, il est donc parfois très difficile de sortir de ce jeu malsain. Des changements peuvent s’effectuer, comme une sorte de chaise musicale, sans jamais trouver la sortie, les 3 rôles s’auto-alimentant les uns les autres. Cependant, on notera que le jeu est entretenu par l’existence d’une victime. On comprend donc que pour faciliter la sortie du triangle, un début de piste serait de refuser de prendre un rôle.

Ce qui n’est pas des plus simples quand on est déjà dedans. Il est beaucoup plus simple de ne pas y rentrer.

  • La Victime demande de l’aide, mais n’en veut pas vraiment sinon, elle ne serait plus victime !

  • Le Sauveur cherche à aider sans vérifier la nature du besoin réel, puis lassé de ne pas y parvenir peut finir par se transformer en persécuteur.

  • La Victime contre-attaque et devient Persécuteur à son tour, l’ancien Sauveur devient Victime;

  • La Victime peut également en fonction de ses automatismes essayer de sauver son Persécuteur.


Comment sortir du triangle de victime, de persécuteur et de sauveur?

Il n'y a pas de secret pour en sortir, il va falloir travailler sur vous afin de travailler sur cette relation! En effet, si vous ne mordez plus à leurs appâts, au bout d'un moment, ils n'essayeront plus.

Il va être important pour cela de clairement délimiter les responsabilités de chacun.


Lorsqu'il y a de l'ambiguïté dans les responsabilités de chacun, ça incite chacun a garder son rôle.


Lorsque ce schéma apparait, il y a un risque de cercle vicieux 🔄 dans lequel:

  • le sauveur ➡️ viendra persécuter l’ancien persécuteur (« Pourquoi as-tu fais ça? C’est pas bien ! »)

  • qui lui même (l'ancien persécuteur) ➡️ deviendra victime auprès d’une autre personne (« C’est toujours sur moi que ça tombe… »), etc…

  • ➡️ cette autre personne deviendra persécuteur

Une fois le schéma identifié, il s’agira donc pour nous de transformer ce Triangle Dramatique en Triangle Vertueux, en adaptant nos comportements néfastes liés à notre rôle:

🌟 La victime deviendra CREATEUR 🌟 Le sauveur deviendra COACH 🌟 Le persécuteur deviendra CHALLENGER

🌟 La victime peut devenir Créateur/ Créatrice et:

  • accepte de travailler sur les raisons profondes qui le poussait à être dans ce rôle de victime va accepter sa vulnérabilité

  • va accepter qu’elle vit des situations tentant de la souffrance

  • se responsabilise en cherchant et en appliquant des solutions

  • apprend à demander explicitement de l’aide

🌟 Le persécuteur peut devenir le Challenger et:

  • accepte de travailler sur les raisons profondes qui le poussait à être dans ce rôle de persécuteur/ bourreau

  • accepte son rôle d’affirmation de soi dans le respect des autres

  • accepte de négocier pour ses besoins en lien avec les besoins des autres

  • challenge et ne critique plus

  • apprend à donner son avis, à proposer (et non à imposer) des manières de faire, des points de vue


🌟 Le sauveur peut devenir le Coach et:

  • accepte de travailler sur les raisons profondes qui le poussait à être dans ce rôle de sauveur

  • accepte son rôle de se soucier de l'autre

  • choisit d’aider en conscience de ses propres besoins et en posant ses limites

  • utilise l’écoute émotionnelle, la valorisation, le conseil informatif